|

Notre époque se caractérise par une fomidable
poussée d'une forme de scientisme qui tend à occuper la place et la fonction
d'une religion.
Sous la poussée de ce mouvement (soutenu par l'industrie pharmaceutique
et en particulier celle qui produit et diffuse les psychotropes),
l 'humanité de l'homme et plus spécifiquement son esprit (de nos
jours il est devenu parfaitement indécent de parler de son âme) sont niés: "l'homme
neuronal" n'est plus qu'une machine certes un peu sophistiquée mais quand même seulement une machine!
Ainsi très logiquement nous sommes
invités à nous défaire, dès qu'une opportunité se présente, de nos pièces détachées, des services de récupération
sont depuis des années en place au bord des autoroutes et déjà une
légalisation (en Grande Bretagne) de la fabrication
"de bébés médicaments" a été annoncée...
En quelques siècles nous sommes successivement
passés de
- l'homme (fait) à l'image de dieu
- à l'homme modèle de la machine
- et nous voici "parvenus" à la situation inversée
suivante: c'est maintenant la machine, l'ordinateur qui sont devenus
les modèles
de l'homme avec toutes les conséquences logiques qui
en découlent. Nous sommes donc arrivés à un stade
avancé où l'homme
est conçu comme un
assemblage et un réservoir de pièces détachées...
Contrairement à ce qu'affirmait F. Nietzsche, cette
évolution ne traduit pas "Le Crépuscule des Dieux" mais
bien la mort programmée de l'humanité de l'Homme!
Compte tenu de la puissance du modèle scientiste,
il est devenu aujourd'hui quasiment
impossible de penser
autrement. Or, ce véritable "négationnisme" et les conséquences qu'il
suppose nous
paraissent parfaitement inacceptables car nous le rappelle un impératif kantien
énoncé par L. Eisemberg :
"...il faut supposer que l'homme peut être humain
pour qu'il le devienne..."
(in: "Ethique et Science de l'Homme"
in "l'Unité de l'Homme", Le Seuil, Paris, 1974)
Il ne s'agit pas, bien entendu, d'ignorer ou de
rejeter les avancée considérables de la science qui peuvent éventuellement
contribuer
au bonheur de l'humanité (j'insiste ici sur "éventuellement"
car bien des évènements tragiques contemporains montrent
bien que ce dernier point ne va pas de soi!).
Il s'agit seulement de situer la science
(et ses apports incontestables) dans le domaine qui lui est propre: celui
de la connaissance et de la découverte et non pas celui où
notre époque l'a indûment placée: celle d'une nouvelle religion
absolument non identifiée comme telle.
Il est certain que la science seule ne peut
répondre aux questions spécifiquement humaines et il nous faut aussi reconnaître
que toute tentative dans ce sens peut aboutir non seulement à une
négation de l'humain , mais aussi à sa destruction en passant par toutes sortes
d'impérialismes et de monstruosités. On peut d'ailleurs en avoir
une idée en examinant la manière dont évoluent les
soins de "la folie": en lieu d'une approche essentiellement humaine de ces personnes
on se contente de plus en plus
de leur distribuer des psychotropes. Les conditions mêmes de cette distribution
aboutissent souvent à une véritable maltraitance qui reste invisible et négligée
tant elle fait l'objet d'un consensus plus ou moins implicite dans notre société. (On peut
rapprocher cette maltraitance de celle infligée aux "sans
statut" et autres réfugiés qui se trouvent sur le sol même
de la patrie des Droits de l'Homme).
Est-il possible d'éviter de telles
dérives, et de quelles manières ?
Comment retrouver la qualité de l'humain chez le fou (et
le réfugié)? Autrement dit est-il possible de penser en la respectant,
la personne humaine (malade ou non),
l'esprit humain
(qui ne se réduit pas seulement à ce qu'on appelle "l'appareil
psychique") ?
Peut-on aujourd'hui encore envisager l'existence d'une âme humaine hors
du champs religieux?.
(On se souviendra que même Freud utilisait le mot "âme"
et non pas psychisme - c'est Bettelheim qui insiste sur cette particularité-).
Quels contenus donner à ces termes rejetés et
bannis
du vocabulaire scientifique?
Selon quelles démarches spécifiques peut-on étudier,
sans dénaturer ou détruire les contenus, les réalités désignées par ces termes?
Si André Virel a sans doute été un précurseur dans
cette tentative, en particulier pour ce qui concerne la construction
"génétique" de la pensée humaine,
il est aujourd'hui d'autres
penseurs qui, tout en ignorant peut-être l'oeuvre
de Virel, se situent néanmoins dans des ouvertures et des avancées semblables
à celles qu'il
nous a léguées.
Voici quelques repères (qui sont ici
abusivement simplifiés et il est donc fortement conseillé de consulter
les ouvrages des auteurs) de la pensée "virélienne" et
de ses prolongements (on trouvera
aussi d'autres repères dans la page "lexique" du
présent site):
|
Les premières pierres sur un chemin
|
|
A) Histoire de notre
image (André Virel)
- les processus de l'enfantement
de l'humain dans la grotte
- la sortie de la grotte ou l'accouchement (ce
n'est pas encore sa naissance)
de l'homme
- étapes de la conquête de
l'espace: de l'accouchement de l'homme à sa naissance
- les mégalithes ou la
conquête de la verticalité,
- le temple ou la re-construction
de la grotte-mère,
- le temps historique ou
l'entrée dans l'espace quadridimensionnel
- vers un espace dimensionnellement
plus développé? : la matière devenue transparente,
naissance de l'inconscient, etc.
B) Nature, génétique et
fonctions de l'image (André VIREL)
- l'image a d'abord été une intériorisation
"concrète" mais réduite du monde:
- la vacuole apparue dans le
cytoplasme de la cellule primitive réalise une
"intériorisation" concrète, une "miniature" de l'océan
dans lequel la vie est apparue.
- cette vacuole facilite ensuite
la survie de la cellule sur terre lorsque "les
eaux" se seront retirées: elle est donc
un élément d'adaptation (ou de "préadaptation"?).
- l'image mentale conserve une analogie
avec le monde qui est son origine ainsi que le montrent des études récentes.
- lorsque l'image se retire: elle
laisse un "trou", un vide, une empreinte.
De ce "lieu" va
naître le concept abstrait
c'est à dire une forme. Une forme désormais
vide mais qui est aussi un contenant plus universel
que l'image qui lui a donné naissance...
- ainsi en se dématérialisant l'image
permet non seulement une intériorisation de plus
en plus large du monde (du mi-lieu) qui
a contribué à la former mais aussi une autonomie à l'égard du monde
de l'origine. Par exemple le concept de table concerne
aussi des "objets" qui n'ont pas d'existence
propre dans le monde concret, voir les tables
de multiplication...
- ainsi, l'image une fois autonomisée
aura le pouvoir d'influer sur le monde qui lui
a donné naissance: à partir de là c'est l'homme qui transforme son milieu...
.
|
|
De la biologie à l'esquisse d'une neurophilosophie de l'imaginaire humain
|
|
André VIREL a
été le précurseur
d'un mouvement de recherche méconnu
mais qui se poursuit
- en situant et en installant
la fonction biologique de l'imaginaire comme Origine
de la pensée humaine, bien avant son commencement
- en créant un dispositif thérapeutique
et de recherche original,
la décentration, qui stimule les processus
de créativité en sollicitant les ressources de l'imaginaire.
|
|
Vers une neurontologie
et une théorie non religieuse
de l'âme?
Des
prolongements contemporains inattendus de la pensée "virélienne"?
|
|
Et si la genèse des secrets
de l'âme humaine, ses aspirations et des inspirations
les plus profondes se trouvaient précisément dans
les premiers mois de la vie?
Et si c'était chez le
foetus que résidait la source, l'Origine de l'être
que chacun est appelé à devenir?
Et si le secret de
l'âme humaine dérivait,
en dernière analyse, de l'apparition d'une particularité
biologique (qui aurait pu tout aussi bien entraîner la disparition du
mammifère humain)?
C'est la thèse de
Jean-Marie DELASSUS,
dans ses différents ouvrages (en particulier
"Le Sens de la Maternité", "La Nature
du Bébé", "Le Génie du Foetus" , "Les
Logiciels de l'Ame" et "Psychanalyse
de la Naissance", qui nous invite à examiner et à approfondir.
Il nous fait remonter jusqu'aux sources biologiques de la construction
de l'être humain, pourtant connues mais
demeurées invisibles jusqu'alors.
L'envahissement
du cortex humain par ce que l'auteur nomme "les
territoires corticaux libres" (TCL) ou "aires associatives" du cortex cérébral de
l'adulte, va entraîner une "rupture" ou un effacement des
circuits neuronaux nécessaires à la survie de l'individu humain.
Ainsi à la naissance, le bébé humain va vivre une double
expérience qui le marque à tout jamais:
-
une première expérience de mort puisqu'il ne
dispose pas des moyens neuro-moteurs pour sa
survie. Il est selon les termes de Delassus
"un infirme" et non pas un
prématuré (en effet, peu après la naissance
les autres mammifères ont la capacité d'assurer
leur survie, de se
mettre sur leurs pattes pour se nourrir). Cette
première expérience explique en partie "les
cris de la naissance" de l'enfant, que l'on ne retrouve
pas chez les autres mammifères.
- ensuite
une seconde expérience de "résurection"
lorsque le bébé est littéralement sauvé par
l'intervention de la mère ou de son substitut.
Le circuit
neuronal de la survie chez le bébé humain passe donc
nécessairement par l'autre.Cette expérience du passage
par l'autre, fait de l'autre "le neurone
manquant" nécessaire à la survie et il se trouve être
définitivement inscrit chez le bébé humain. Cette double
expérience constitue ce que Delassus nomme l'Originaire.
L'ORIGINE,
selon Delassus, se constitue à partir de l'ensemble de l'expérience prénatale
"enregistée", "imprimée" dans les
Territoires Corticaux Libres (TCL)...
|
|
|

Arbre Vert. Tous droits réservés. webmestre@arbrevert.org
|